alan-le-12-janvier-2021

Alan, le 12 janvier 2021

3 Tage


Deux cap Horn en course à 27 ans et bientôt la fin du grand Sud : voilà ce dont Alan était fier, ce matin lors de sa vacation avec l’organisation du Vendée Globe.


« J’étais en mode petite sieste, le vent est très faible donc j'essaie de me reposer un peu. La nuit a été un peu compliquée niveau stratégie. Mais être double cap-hornier, c'est bon ça ! Je suis content d'avoir passé ce cap, c'est bien cool. Ça ne veut pas dire pour autant que la course est finie, il reste un sacré bout de route. On est trois bateaux au contact, le match est ouvert, c'est reparti. 

Le Horn, c'est un peu la porte de sortie du Sud, c'est un soulagement. Mais dans l'Atlantique, on peut avoir des conditions aussi difficiles, mais on est un peu plus proches des côtes, c’est un peu plus rassurant. Avec le Sud qu’on a vécu, qui n’a vraiment pas été facile du tout, c’est un soulagement.

Le vent a tourné petit à petit, il y a eu une grosse phase de molle. J'ai à peu près 6 nœuds de vent, je suis tribord amures au près serré. Au fur et à mesure des heures, ça devrait adonner et forcir avec 30 noeuds fichiers prévus pour aujourd’hui et demain. Ça devrait aller relativement vite sur une allure portante, mais, là, ça commence à être long. Surtout qu’on avait pris une petite avance avec ceux de derrière, cette histoire de molle ne nous aide pas beaucoup, c’est un peu dur à accepter. 

On en discutait avec Jérémie (Beyou) : depuis le départ, on a un peu eu 5 nœuds ou 30 noeuds, mais pas d'entre-deux. C'est un peu dur à encaisser. Quand il y a de la molle, on est contents quelques heures parce que ça fait du bien, puis à un moment donné, autant qu'il y ait 30 noeuds, au moins on avance ! (Rires).

J’ai toujours mes histoires de quille, ça ne changera pas mais le bateau est plutôt propre, plutôt bien. Il mérite un bon coup de chaleur, pour sécher, car l'intérieur est très humide. Mais sinon il est en bon état, j'ai fait attention dans les manœuvres avec les voiles qui sont propres jusque là. Je suis vraiment content de l’état du bateau. C’est juste dommage ce souci de quille, sinon il serait encore à 100% de son potentiel. Au mieux du mieux, j'arrive à tenir mes polaires à 80-85%, quand tout va bien. Généralement, je suis plutôt à 75-80%. C'est dur, mais je m'y suis fait. Je revisite les réglages du bateau, je retrouve un peu les manettes pour le faire accélérer un peu plus, suivant les allures. Je n’arriverai pas à récupérer les performances d’avant mais j’arrive entre guillemets à sauver les meubles.

Je suis bien fatigué car ça a été très usant le Sud. Je pense que j’ai besoin de repos dans la tête, de pouvoir respirer un peu, d’avoir des conditions plus clémentes, moins instables. Mais je suis très content de retourner dans l'Atlantique, de faire une route au Nord, ça fait du bien au mental : on vise la maison, c’est quand même assez génial. Je tiens le coup quoi !

J'essaie au maximum de penser à autre chose, j’ai broyé du noir pendant un bout de temps avec mes histoires techniques. Maintenant j’arrête de penser à ça, je vis ma course, je vis mon histoire avec mon bateau et puis j’avance. J’essaie de me vider la tête en écoutant de la musique, avec un petit film ou un peu de lecture. Tu est toujours ramené à la réalité, tu redescends vite en te disant « Ah ouais, je ne suis pas arrivée encore ! » Mais j’arrive à me vider la tête. En tout cas, j’essaie de le faire au maximum. ».


[ ENGLISH ] 

Alan during this morning vacation : « I am very happy to be back in the Southern Atlantic Ocean, I can breathe again ! »

Image d'illustration © Pierre Bouras / La Fabrique




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