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Alan, le 20 janvier 2021

20.01.2021


Joint par l'organisation du Vendée Globe ce mercredi matin, Alan tentait de rester positif à bord de La Fabrique, malgré la dorsale à traverser et la pénurie de sucreries à bord.


« Je fais ma route, je suis content d’être là, d’être toujours en course, j’essaye de positiver. Pas du tout reposé car les conditions sont mines de rien délicates et il fait très chaud, donc pour se reposer c’est assez compliqué. Mais je suis d’attaque, je suis à 200%, même si mon corps commence à avoir des petites faiblesses. Je tiens bon, je suis à fond, ce n’est pas là qu’il faut lâcher parce que la phase de transition de ces prochaines heures ou jours va être difficile mentalement.

Aujourd’hui ça devrait encore avancer pas trop mal jusqu’en fin de journée dans 10 nœuds de vent au près.  Il faut traverser une dorsale qui se trouve en travers de la route. Charal a réussi à s’échapper dans l’Ouest ces derniers jours, Cali (Arnaud Boissières) est un peu entre deux et moi je suis très à l’Est, mais je n’ai pas eu trop le choix. Il va falloir avoir un peu de chance pour que ça passe ! Et depuis le début, je n’en ai pas eu beaucoup. Il faut toucher du bois, brûler un cierge et prier pour que ça passe (rires) ! Mais j’y crois, je me dis que la route la plus courte est parfois la bonne. 

Charal, c’est clairement impossible de le rattraper. Même s’il est handicapé par une voile, le bateau et le marin sont 10 crans au-dessus ! Ça va être compliqué de rivaliser, surtout qu’il va avoir du vent plus rapidement que nous, au travers donc pour son bateau ce sera parfait. Mon objectif c’est de tenir Cali et de ne pas me faire remonter par ceux de derrière. J’aimerais bien sortir avec lui de ce passage à niveau, ou du moins pas trop loin pour pouvoir prétendre le remonter, parce que je suis remonté à bloc et j’ai vraiment envie de ne pas terminer trop loin de lui. C’est ma carotte, ma motivation ! Sachant que j’ai un bateau handicapé, il faut donner encore plus que les autres, c’est forcément plus fatigant mais je m’accroche, j’ai envie de bien faire jusqu’au bout et passer cette ligne d’arrivée tête haute. Ce n’est pas gagné mais il y a toujours une petite chance, je vais essayer d’aller la chercher !

Heureusement qu’il fait chaud, j’ai moins faim et j’ai moins envie de manger des cochonneries. Ça va être plus dur pendant la remontée, des Canaries jusqu’à l’arrivée, quand il fera plus frais et qu’on a besoin de forces ! Il me reste quelques barres de céréales pour cette phase là, mais ça ne va aller chercher bien loin, ce sera une barre tous les deux jours, je ne vais pas me péter le bide ! Ça fait partie du jeu, on a pris du retard par rapport au Vendée qu’on espérait, mais j’ai suffisamment à manger jusqu’au bout normalement, même si je vais devoir faire un peu attention. Tant pis pour le sucré ! 

Je ne me voyais pas suivre comme un mouton ceux de devant car en vitesse je n’arrive pas à suivre. Il faut tenter des choses… C’est sûr que c’est un peu engagé de tenter dans une phase de transition aussi dure et aussi longue mais il suffit d’un nuage. La dernière fois Cali est passé et pas moi, cette fois-ci ce sera peut-être l’inverse. On touche du bois, ça va passer, il faut positiver ! »

[ ENGLISH ] 

Alan during this morning vacation : « The weather forecast is something, but the reality is another one »




Image d'illustration © Christophe Breschi / La Fabrique




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