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Vendée Globe - Jour 23

30.11.2020

Par où commencer ? J'avoue être assez déçu de la situation dans laquelle je me trouve. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi suis-je allé là ? Toute ces questions dans ma tête… 

Stéphane va sûrement me dépasser dans les heures qui suivent. Je n'accepte pas cette défaite, je n'accepte pas cette situation, mais je n'ai pas le choix. J’y suis maintenant, alors je dois assumer et regarder devant. Bon, devant ils vont trop vite, alors derrière... Non plus ! Alors je regarde tout ce chemin parcouru jusque là, ces quatre années de projet, tous ces merveilleux partenaires qui ont cru en moi, mon équipe qui a fait un travail remarquable sur le bateau. Et moi qui suis là, planté, sans vent, à me faire défoncer de partout. Les voiles qui claquent. Suis-je en train d'anéantir tout ce travail ? 

Cette remise en question est forcément importante et fait partie de mon boulot de marin. J’étais « dans le match » et me voilà complètement à la rue ! Et pourquoi ? Pace que je n'ai pas eu de chance avec mon vérin, mais pas que. L'autre soir, au portant à 50 milles de Clarisse, je n'avançais pas. Je n'ai pas la réponse du pourquoi du comment. Ce qui est sûr, c'est que j'avais 20 noeuds, que j'étais bien réglé et donc aucune raison d'aller 4 noeuds moins vite. Pour le moment, toujours beaucoup d'interrogations et aucune certitude, donc il faut arrêter de penser à ça. Ceux de devant ne vont plus avoir de phases sans vent, ils vont marcher comme des avions et je ne vais sûrement pas pouvoir remonter autant de milles dans le Sud que je l’aurais voulu. 

Je dois faire ma route et accepter d'avoir fait une erreur de calcul, ou d’avoir manqué d’un petit coup de chance ? Je n'en sais rien. Je dois faire avancer La Fabrique maintenant, et la faire avancer vite, très vite. Je sais faire. Je connais mon potentiel et celui du bateau, on a fait de belles choses ensemble, ce n’est pas aujourd'hui qu’il faut baisser les bras. Il faut garder le cap, pousser mémère à son maximum. Et apprendre de ses erreurs. Je me suis fais avoir par Sainte-Hélène ? Ok. Grand Sud, tiens-toi bien, car je n'ai pas dit mon dernier mot !

Et Éole, tu sais quoi ? Tu as voulu m'avoir ? OK... Balance moi du 40 noeuds comme tu sais si bien le faire dans le Sud, balance moi tout ce que tu as, je ne suis pas venu jusqu'ici pour faire le tour sans vent.

Photo © Alan Roura / La Fabrique - VG2020



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