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Vendée Globe - Jour 31

08.12.2020


Ma décision est prise : je me refuse à mettre le frein pour laisser passer la dépression, mais je vais tout de même devoir lever le pied pour éviter le plus fort. Je ne peux malheureusement pas la passer au Sud comme L'occitane : Armel (Tripon) va réussir à passer car avec son bateau de dernière génération, il a la puissance, mais moi je n'ai pas assez de chevaux sous le capot pour rivaliser.  Et je ne trouve pas non plus de passage optimal pour la contourner par le Nord.

Mon souci, c’est que je n’ai pas confiance dans les fichiers météo. Actuellement, je suis censé avoir 15 noeuds alors que j'ai des rafales à 25. Donc dans la tempête, de 40 noeuds fichier,  je risque de finir avec 65 noeuds. Je vais donc freiner, avant de grimper au près, petit à petit pour aller chercher le Nord de la dépression. C'est forcément une déception, mais c'est mon choix et je pense qu'il est justifié : j’aime mon bateau et je compte bien revenir avec. Je vais malgré tout essayer de conserver mon avance sur ceux de derrière. Et pour ça, il va falloir aller très vite dès que je serai sur la crête de la dep’.

J’ai hâte de retrouver les « vraies » conditions de l’océan Indien. De pouvoir commencer à avancer à des vitesses « normales », d’entendre La Fabrique chanter et retrouver son plein potentiel. Là, j'ai vraiment l'impression de vivre au ralenti et de passer le temps, en attendant que le vent vienne à moi. J'avais une belle avance sur ceux de derrière mais voilà que le vent les a poussés jusqu’à moi. Quant à ceux de devant, envolés ! 

La route est encore longue, mais c'est dur d'être derrière. Dur de voir les autres avec des conditions météo toujours meilleures. 

Je dois arrêter de penser à ça et fonce. J’ai du pain sur la planche si je veux remonter tout ce beau monde . 


Image d'illustration © Christophe Breschi / La Fabrique



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