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Des airs de grand Sud 

29.11.2020

À l’aube d’entamer la quatrième semaine de course sur le Vendée Globe, alors que les mers du Sud se sont si longtemps laissées désirer, Alan Roura est à deux doigts d’en finir avec un interminable océan Atlantique. Mais avant de bénéficier des premières dépressions australes, petite frayeur à bord de La Fabrique avec une avarie, mineure et maîtrisée, au niveau d’un des deux vérins hydrauliques de quille.

Après un océan Atlantique particulièrement clément, tant en conditions météo qu’en problèmes techniques survenus à bord de La Fabrique, les choses sérieuses commencent pour Alan Roura. Au Nord d’une première dépression dont il sent depuis ce week-end les premières effluves, première galère à déplorer. Samedi matin, le navigateur suisse informait son équipe à terre d’une importante fuite d’huile au niveau de son vérin de quille bâbord. La faute à la casse d’un simple joint occasionnant là une véritable petite marée noire à bord de La Fabrique. Après plus de trois heures de dur labeur, Alan reprenait sa route après avoir réparé le système d’étanchéité. Huilé de la tête aux pieds, mais soulagé : « C’est la première fois que je me sens impuissant face à un problème technique, je ne souhaite à personne de baigner comme ça dans l’huile, à se faire rouler au fond du bateau… J’étais en pleurs tellement j’étais content d’avoir réussi ». Le temps d’éponger le fond de coque du puits de quille, de laver et rincer le bonhomme et la bascule de vent attendue était là. C’était reparti, direction l’Afrique du Sud.  

Cap à l’Est

En fin de premier peloton, Alan a bataillé pour ne pas se laisser distancer et rester accroché au « bon wagon ». Dans des airs plutôt faibles et des allures principalement au près, son IMOCA La Fabrique n’a en effet pas encore pu montrer l’intégralité de son potentiel et, avant de toucher les airs du grand Sud, l’objectif pour son skipper se résumait à limiter la casse. « Alan a parfois manqué de chance, abonde Julien Villion, expert météo auprès du skipper suisse toute cette saison. Sa trajectoire est très propre depuis le début, mais entre l’option Ouest du départ qui n’a pas payé comme on l’imaginait sur papier, le Pot-au-noir qui a commencé à s’activer au moment de son passage et une accumulation de conditions pas vraiment favorables à La Fabrique, Alan a fait ce qu’il pouvait. » L’avantage de ce retard sur la tête de flotte ? Un dilemme stratégique en moins à l’approche de l’anticyclone de Sainte-Hélène, le contournement par l’Ouest demeurant la seule option possible pour aller attraper les premières dépressions australes. L’inconvénient ? Le risque de laisser passer le premier flux de Nord-Ouest grâce auquel les premiers parviendront à s’échapper, et devoir attendre la « seconde vague ». Avec, entre 2, une nouvelle zone de vents plus faibles à négocier, avant de se faire propulser vers le cap de Bonne Espérance. Encore un peu de patience donc, avant de retrouver les longs surfs endiablés du grand Sud, dès la semaine prochaine. Un registre qui conviendra bien davantage à La Fabrique, qui pourra enfin laisser siffler ses foils. 

Photo © Alan Roura / La Fabrique 



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