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Les mots des proches

12.11.2019

À quelques heures de retrouver enfin l’équipage de La Fabrique du bon côté de la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre, à Salvador de Bahia (Brésil), les proches, amis, sponsors et membres de l’équipe s’impatientent. S’impatientent de les accueillir, de refaire la course et de comprendre les raisons d’une performance qui ne sera pas celle qu’Alan et Sébastien espéraient. La parole est à ces proches, qui évoquent cette certaine déception, mais avec toujours la plus grande bienveillance.

Nous voilà à Salvador de Bahia, dans l’attente de l’arrivée de La Fabrique. Cela fait du bien de se retrouver ici, 16 ans après y être déjà passés en famille. Que de merveilleux souvenirs qui ressurgissent. À Genève, nous avons passé des heures et des heures à tenter de comprendre cette météo capricieuse et parfois incompréhensible. Il est vrai qu’Alan et Sébastien ont tenté l’option Ouest au départ et dans la vie, il faut savoir tenter, même si ça ne marche pas à tous les coups. Le nouvelles expériences sont toujours bonnes à prendre, pour apprendre, encore et encore. Même si nous n’avons pas toujours tout compris de leurs trajectoires et de leurs vitesses par rapport aux vents ! Nous avons pourtant scruté tous les bulletins météo possibles ! Alors nous les attendons et ils nous raconteront leurs aventures… et leurs déboires. On espère tout de même retrouver notre fils avec son sourire habituel ! Nous avons toujours eu confiance en lui et savons qu’il n’aura rien lâché, du début à la fin, ça c’est certain ! Ce n’est pas cette course qui va modifier son état d’esprit de battant. On se réjouit de boire une bonne caïpirinha ensemble ! 

Georges et Myriam Roura, parents d’Alan

Le classement est une chose mais le fait qu’il se soit battu tout le long de la course reste le plus important à mes yeux. Je sais pertinemment qu’ils seront tous les deux les plus déçus de tous. Cette contre performance, car c’en est une, a certainement des raisons que nous ignorons encore et que je ne suis pas apte à juger. Même les plus grands ont connu des défaites, l’important sera qu’Alan sache en tirer les enseignements qui lui permettront d’aller encore plus loin. Dans tous les cas, il garde bien entendu toute ma confiance et je me réjouis de voir la fin de course qu’il nous réserve ! 

Cyril Cornu, responsable de La Fabrique, sponsor principal d’Alan Roura

Il faut parfois toucher le fond pour pouvoir remonter. Il aura faim. Il va se recréer une envie de se battre, pour une revanche. On sait qu’on a un bateau fiable, qu’Alan sait tirer dedans, maintenant on va travailler sur différents points. Sur le bateau et avec Alan. Il ne faudra pas avoir peur de trancher dans certaines décisions. L’année prochaine reste la plus importante pour nous.

Cyril Enjalran, boat captain de La Fabrique

Je m’attends à ce qu’il soit très déçu mais je pense fort à lui et il ne faut pas qu’il oublie qu’il a eu un grand succès avec le record de l’Atlantique et ce n’est pas une mauvaise Jacques Vabre qui va tout remettre en cause. Qu’il continue à garder la force, le courage, l’envie et le sourire qui font qu’on l’aime tous !

Bryan, ami d’enfance et premier coéquipier de régate aux Antilles

Ça restera un super apprentissage, ils ne se voyaient pas là mais les conditions ont été vraiment très ouvertes. Nous sommes à un an du Vendée Globe, qui reste l’objectif principal d’Alan : il faut qu’il profite à fond de son arrivée, viendra ensuite le temps de la réflexion. Il reste des choses à faire d’ici novembre 2020 et je sais qu’Alan et son équipe réfléchissent dans le bon sens. Tout enseignement est bon à prendre, il vaut mieux se rendre compte des choses, des éventuels problèmes de vitesse aujourd’hui que l’année prochaine. Aujourd’hui nous savons que le bateau est fiable et il y a eu beaucoup de choses de faites ces deux dernières années : il faudra peut-être faire le tri grâce au ressenti d’Alan et à ses dernières confrontations. Il reste une transat retour et deux transats l’année prochaine. Il y a encore le temps de réagir, de progresser et de se poser les bonnes questions. 

Frédéric Denis, co-skipper d’Alan en 2017



Photo © Christophe Breschi / La Fabrique