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21.10.2018

C’est à la barre de son IMOCA La Fabrique modifié en foiler qu’Alan Roura prendra le départ de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe le 4 novembre prochain. À deux semaines du grand rendez-vous, le point sur une année riche pour La Fabrique Sailing Team et son skipper.

C'est autour de valeurs humaines et sportives communes qu’Alan Roura et la société vaudoise La Fabrique ont renouvelé leur collaboration en 2017. Dans la continuité de l'aventure du Vendée Globe 2016, skipper et partenaire principal ont conservé leur vision axée sur l’humain, tout en y incorporant de nouveaux défis technologiques et de performance. Sans toutefois brûler d’étape, le skipper de 25 ans ayant déjà suivi un parcours de jeune homme pressé et la biscuiterie vaudoise étant nouvelle arrivante dans le secteur de la voile. C’est dans ce souci de croissance progressive qu’il a été décidé d’acquérir un bateau de génération intermédiaire (ex-MACSF, ex-Votre Nom autour du Monde et ex-Brit Air), puis de le faire évoluer en « foiler » afin de rivaliser avec les machines construites en 2015. 

À la barre de son nouveau bateau, entouré d’une équipe plus conséquente et assuré d’une situation financière pérenne, Alan Roura embrassait dès la Transat Jacques Vabre 2017 son nouveau statut de candidat à surveiller. Mieux : cette année, le voilà propulsé au rang de sérieux outsider suite à la modification de son monocoque cet hiver. À l’heure où la moitié des IMOCA de la Route du Rhum 2018 sera équipée d’appendices porteurs, il ne faisait plus aucun doute que La Fabrique devait devenir « foiler » à son tour. 

Petit Suisse devenu grand

Mais à bête de course doit être associé pilote affuté. Depuis plus d’un an, Alan s’astreint donc à une préparation physique rigoureuse, encadré par Stéphane Eliot, coach sportif réputé dans le milieu de la voile. Cette année, celui qui a jusque là fait son apprentissage en autodidacte, travaille également avec l’entraîneur lorientais reconnu, Tanguy Leglatin, qui grâce à son oeil d’expert l’accompagne dans le perfectionnement de ses réglages, de ses choix tactiques et, de façon plus générale, de sa façon de naviguer. 

Une visibilité et des objectifs sur le long terme, associés à un défi technologique, qui permettront donc au Genevois d’exprimer pleinement son potentiel… Et d’avoir les moyens de jouer aux avant-postes lors de ses prochaines courses ! 

L’oeil des coachs 

Tanguy Leglatin, Entraîneur 

« Je ne connaissais ni Alan, ni le bateau (hormis à l’époque d’Armel Le Cléac’h, lorsqu’il était juste né), pour le moment nous sommes donc dans une phase de prise de contact. L’idée est de voir ce qu’il y a à faire, de trouver les axes de progression à la fois techniques et humains, de voir ce que je peux apporter à Alan dans ce que je sais de ces bateaux, pour les rendre plus faciles, plus polyvalents. Je garde toujours à l’esprit que la voile est certes un sport mécanique, que le meilleur bateau va généralement plus vite, mais qu’il doit aussi correspondre au marin : il faut trouver la meilleure combinaison entre machine et pilote.

Alan est un bon marin, ça se voit, mais il lui manquait quelques réflexes de régatier. Depuis les premières navigations, il est davantage rentré dans ce mode là. Il apprend vite, il a déjà dépassé certaines de ses appréhensions de marin « conservateur », il a bien progressé sur ces points-là. Alan est quelqu’un qui sent très bien son bateau, mais il peut encore parfois manquer d’un peu de rigueur sur ses réglages : comme il fait tout au sensitif mais que ces bateaux sont très énergivores, ses sensations peuvent vite être perturbées. Et même s’il est capable de pousser ses limites assez loin, il faut aussi se soucier des marques qui sont répertoriées à bord. Il faut qu’il en prenne plus l’habitude. C’est pour la même raison que j’ai remarqué qu’un gros travail d’ergonomie devra se faire sur le bateau, pour améliorer son confort et donc économiser son énergie afin de la consacrer aux réglages, à la stratégie, aux manoeuvres… Il y a déjà eu un énorme travail de fait sur le bateau, son équipe a bien bossé, mais il reste encore quelques questions et quelques points à améliorer. 

 À l’issue de la Route du Rhum, nous pourrons faire un bilan de cette première approche afin de construire un vrai programme d’entraînement jusqu’au Vendée Globe. » 

Stéphane Eliot, Coach sportif 

« Bien que la préparation physique ne soit pas en haut de sa job-list hebdomadaire, Alan l'intègre néanmoins dans sa vie de chef d’entreprise. Et il ne se défile pas face aux efforts demandés. Mon rôle est de planifier une préparation en adéquation avec les spécificités de la course au large et la personnalité d’Alan. Plusieurs axes de travail sont donc mis en place : filières énergétiques, renforcement musculaire, gainage, proprioception, étirements… Alan est déterminé, il ne fait jamais semblant et est résolu à mettre toutes les chances de son côté pour atteindre ses objectifs. C'est un réel plaisir de le coacher. »

Photos © Christophe Breschi / La Fabrique Sailing Team