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Vendée Globe - Jour 93

08.02.2021

C’est la misère cette météo… Un coup, j’arrive le 10 au soir, un coup le 11 au matin. Je suis au ralenti, c’est une horreur. Je me fais secouer dans tous les sens, le vent passe de 20 à 40 noeuds en 2 secondes. La Fabrique fonce à presque 30 noeuds dans les surfs et là, arrêt buffet à 8 noeuds, projeté à l’intérieur avant que ça ne reparte de plus belle. Ingérable. Sympa cette fin de course ! Et en plus je n’ai plus de café pour me calmer et me changer les idées !

Je vis vraiment ce Vendée Globe comme un test. Un test qui s'arrête enfin à un moment donné, pour laisser place à une navigation plaisir, dans des conditions maniables, à enfin pouvoir faire avancer au mieux La Fabrique. Et puis non, en fait le test continue ! Ce serait beaucoup trop simple autrement. Quand je regarde les derniers fichiers météo, j'ai envie de me mettre une claque, pour me réveiller de ce cauchemar. Dépression, passage de front, dépression, pétole, près… Et moi sous-toilé, pour tenir ma belle machine à l'endroit. C’est vrai que je joue à l’équilibriste… C’était drôle un certain temps mais là, ça commence à devenir pesant ! 

Mes camarades ont sûrement eux aussi leurs soucis, mais j’ai vraiment l’impression que ma situation est la pire possible dans ces conditions. Je risque bien de me faire défoncer tellement je ne peux pas avancer là-dedans… Tenir un routage à 80% est déjà compliqué. Alors je fais mes routages à 75% dans le vent portant fort, puis je repasse à 85%. Aucune idée de quand j’arriverai ! Et puis j’entends des bruits que je n'entendais pas avant dans le bateau, je cherche mais je ne trouve pas d'où ils viennent. Histoire d'être encore plus rassuré ! Mais bon, je ne vais pas lâcher maintenant hein ! 

Cali a réussi à s'échapper mais nous sommes tout proches avec Stéphane (Le Diraison). Il va m’embêter jusqu’au bout ! J'ai mené mon étrave devant la sienne pendant plus de 95% de la course, je vais tout faire pour éviter qu’il ne franchisse la ligne devant moi ! 

À bord ça roule, je bois thé sur thé, c'est la seule chose qu'il me reste ! 



Image d'illustration © Christophe Breschi / La Fabrique
 



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